PREDICATION DE PAQUES
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 27 mars 2005
Luc 24, 1-12- 1 Corinthiens 15, 3-10

Luc 24, 1-12
I corinthiens 15, 3-10

Frères et sœurs,
Il y a différentes manières d'aborder l'événement de Pâques…

Ce matin, nous avons voulu le faire avec vous par le chant, et aussi avec ces images (présentation PPT) et à travers l'humour de ce sketch "Le tombeau nuptial" de Sketch'up… et vous aurez encore une surprise tout à l'heure.

Parce que Pâques, c'est tout sauf le ronron de nos habitudes, de nos commémorations, de nos temples parfois un peu poussiéreux (il faut l'avouer). Pâques, c'est le rire et la fête, c'est la joie.

Ne le cherchez pas parmi les morts, dans un passé perdu qui s'éloigne de plus en plus. Ce n'est pas en regardant en arrière que vous le trouverez, lui Jésus, mais en avant, dans votre vie aujourd'hui, demain et toujours.

En ce jour de Pâques, les chrétiens ne célèbrent pas le souvenir d'un mort : ils se réjouissent d'une présence vivante et proclament avec audace une immense espérance.

Pourtant, vous me direz, ben, les disciples, eux qui étaient là à Jérusalem, ils n'ont pas compris grand-chose… et ils n'étaient pas particulièrement joyeux !

D'abord il y a les femmes : elles sont écrasées de tristesse, mais elles gardent l'esprit pratique. Alors, elles vont au tombeau pour embaumer Jésus, pour honorer le maître disparu, pour en garder le souvenir un peu plus longtemps. C'est tout ce qu'elles peuvent encore faire. Embaumer un corps et mettre en conserve quelques souvenirs. Mais elles n'attendent plus rien de lui. Sa voix s'est tue. Son corps est sans vie, elles l'ont vu soufflé son dernier souffle sur cette croix terrible. Pour elles, Jésus appartient au passé. L'avenir, il faudra l'envisager sans lui.

Les disciples sont carrément enfermés dans leur peine, et même quand les femmes reviennent avec la nouvelle, ils les renvoient avec rudesse. Pierre et les autres disciples, sont encore sous le coup de leur cruelle déception. Tout ce qu'ils avaient découvert auprès de Jésus, tout ce qu'ils avaient cru et espéré a pris fin sur une croix. Tout cela a basculé dans une illusion.

Il faudra un peu de temps, il faudra que Jésus le ressuscité s'approche de ses amis, qu'il leur parle, qu'il se laisse voir par eux, comme le raconte l'apôtre Paul dans la lettre à l'Eglise de Corinthe.

Pâques est le jour où la mort a été vaincue !
Vous pensez peut être : la mort n'a jamais été vaincue. La preuve, c'est que nous voyons tous les jours des êtres que nous aimons nous quittent. Et nous savons bien, vous et moi, que, comme disait Woody Allen, la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible !

Pourtant, un grand homme de Dieu du siècle dernier (20e), le pasteur Marc Boegner, disait : le jour de Pâques est le plus grand jour de l'histoire, parce que c'est le jour où la certitude nous a été donnée que la mort est vaincue !


La mort est vaincue, mais dans ma vie, il y a la mort.
La mort es vaincue, mais autour de moi, il y a de la violence, il y a des copains qui choisissent de vivre dans les paradis artificiels, il en a d'autres qui choisissent d'abandonner le goût de vivre (43000 décès par an en Europe des moins de 25 ans), il y en a qui meurent en direct à la télé dans l'indifférence quasi générale, il y a ceux que tous ont oublié et qui n'existent plus pour personne.

Si Jésus était resté parmi les morts, il n'y aurait pas d'autre conclusion à tirer. Il n'y aurait qu'à se résigner au mal et à la mort.

Comment espérer que les choses puissent changer, alors que les hommes ne changent pas ? Le seul homme vraiment neuf, vraiment libre, capable de renverser ce destin, a été crucifié.

Si c'est parmi les morts que nous cherchons Jésus, il n'y a rien à espérer.
Mais si Jésus est vivant, alors tout change.

Jusque dans la mort, injuste, cruelle, solitaire, il a partagé la condition des hommes.
Mais ne cherchez pas parmi les morts, il n'y est plus, il est vivant !

Et ce qui est devant nous aujourd'hui c'est ceci, que j'ai trouvé dans un texte anonyme et que je vous livre pour terminer : Ce qui est essentiel, c'est ce que nous faisons de la résurrection, dans notre vie !

L'expérience de la résurrection ! (extrait de Les chemins de ma foi. L'Aube)

Crois-tu à la résurrection ? Cela ne veut rien dire. La vraie question à se poser est : As-tu fait l'expérience d'une résurrection ? Quelqu'un t'a-t-il ressuscité ? C'est parce que j'ai fait l'expérience de la résurrection que j'y crois.

Est-ce que quelqu'un t'a déjà aimé assez pour te ressusciter ? Est-ce que quelqu'un t'a déjà pardonné de telle façon qu'il te fasse connaître, après le pardon, une joie que tu ignorais avant ?

Un premier signe qu'on est ressuscité : brusquement on s'aperçoit qu'on était mort. Tant qu'on est mort, on se trouve bien : on n'a pas mal, on ne souffre pas, on ne sent rien. On est mort. Mais on ne le sait pas. Mais quand on est ressuscité, brusquement, on s'aperçoit qu'on était mort, et on se demande alors : "Comment ai-je pu vivre ainsi ? Je n'aimais rien, je ne croyais rien, je n'attendais rien, je ne voulais rien ".

Et un second signe : tu t'ouvres à une vie éternelle, càd à la vie de Dieu, parce que Dieu est la vie. La résurrection est une intervention de Dieu, et une communication de la vie même de Dieu, dans ma vie. Ma vie s'ouvre à autre chose, à une présence plus grande, à une vie plus grande.

Ne nous demandons pas si nous serons vivants après notre mort, mais demandons-nous si nous serons vivants AVANT de mourir. Nous sommes appelés à ressusciter, aujourd'hui.
AMEN.