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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 1er février 2004 "N'est-il pas le fils de Joseph ?" Luc 4, 14-30 |
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(Lire
d'abord Luc 4, 14-22a) Frères
et sœurs, (Lire
Luc 4, 22 à 30) Ce passage de l'Evangile est une page difficile, où Jésus semble plein de jugement et de dureté pour les "Nazarethois". Dans tout cela, où est la Bonne Nouvelle ? Je
crois qu'à travers ce récit, Jésus nous dit des choses
très importantes, et qu'il nous explique que dans certaines conditions,
dans certaines situations, sa parole et sa présence sont inefficaces.
Et c'est dur à entendre. Nous voudrions que sa présence
soit plus forte que tout… et elle l'est, mais en même temps, Jésus
ne peut forcer la porte de personne! Aujourd'hui
dans notre société, de très nombreuses personnes
ont entendu parler de Jésus, une bonne partie de la population
se range dans la catégorie "chrétiens", et pourtant,
peu nombreux son ceux pour qui Jésus est une puissance qui transforme
leur vie. Et l'évangile nous dit ce matin que ce phénomène
ne date pas d'hier. Pour eux, il était et il resterait toujours le "fils de Joseph". Mais
il ne suffit pas de constater que cela était vrai à Nazareth
ou que cela est encore vrai aujourd'hui dans notre pays, ou que notre
voisin est comme ça… En fait, ce qui se passe ce jour là à Nazareth se passe aussi plus ou moins en chacun d'entre nous. Nous voulons bien écouter les paroles de Jésus, et puis à certains moments, en certaines circonstances nous disons "STOP". Dans nos vies aussi, il y a des moments où la parole de Jésus est en échec, inefficace et bloquée. Quelque chose vient faire obstacle à la puissance, à la présence, à la transformation que le Christ veut pour ma vie, pour notre vie. Jésus dit : "Nul n'est prophète en son pays, dans sa ville. " Qu'est
ce que Jésus veut nous dire ? Ce risque devient important surtout si nous avons connu Jésus il y a longtemps, dans notre enfance, surtout si nous avons le sentiment que nous l'avons toujours connu, que nous ne nous souvenons même plus quand nous l'avons rencontré, ni ce que nous étions avant de l'avoir rencontré… Quand nous oublions pourquoi et comment ses paroles nous ont touchés, bouleversés. Quelque
chose en lui doit nous rester étranger, bizarre, énigmatique.
Parce qu'alors il y a de la place pour le changement, pour avancer. Si
tout est figé, bétonné, solidifié, alors il
n'y a plus de place pour la vie, pour le mouvement. Cette parole de Jésus est une parole qui apporte la vie, qui fait passer de la mort à la vie. Souvenez vous… Une parole qui dit "lève-toi" à celui qui est immobile, paralysé sur son lit, qui dit "ouvre-toi" au muet qui se met à parler, qui dit "va et ne pèche plus " à celle qui allait subir la mort à cause de sa faute. Une
autre manière de comprendre la mise en garde de Jésus c'est
de regarder ce que font les habitants de Nazareth lorsqu'ils sont mis
devant la parole de Jésus. Les
habitants de Nazareth choisissent de résister dès que Jésus
devient plus "personnel", plus direct. Ils rationalisent ! Après
avoir entendu Jésus lire les paroles d'Esaïe, après
l'avoir entendu dire que ces paroles sont accomplies devant eux, c'est
leur logique qui reprend le dessus. Telle
personne qui choisit de tromper son conjoint parce que ce conjoint ne
le satisfait plus, et que Dieu veut notre bonheur, n'est-ce pas ?
Quels sont les faux-semblants, les arrangements avec la vérité, et les tentatives de rationalisation que nous mettons en œuvre pour éviter d'être confrontés, pour éviter d'être touchés, et transformés par la Parole? Les
habitants de Nazareth se drapent dans la certitude de leur vertu et de
leur propre justice, dans leur bonne foi, et leur orgueil lorsque Jésus
cite les exemples des étrangers qui reçoivent Elie et Elisée.
Nous
sommes en danger lorsque nous posons tout cela comme limite à la
Parole et à la puissance de Jésus. Jésus n'est pas
le but du chemin, il est le chemin. Pour
terminer, je voudrais reprendre cette image que j'utilisais en ouverture
du culte, cette expression étrange vous a peut-être dérangés,
ou troublés. Ce matin, que la parole du Christ nous surprenne, nous bouscule, nous étonne et nous entraîne dans une relation nouvelle. Que Dieu fasse retentir dans nos vies sa parole, Bonne nouvelle à nos oreilles, et qu'il nous fasse passer de la mort à la vie. Avec lui.
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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 21 mars 2004 "Besoin de Dieu pour être béni..." Genèse 32, 22 à 33, |
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Sur
une idée de K. Engelmann Frères
et sœurs, Imaginez
une de ces journées où tout va de travers.
Après
une journée comme ça, même si elle prend une autre
forme, il est vraiment bon de trouver une parole et un geste d'amitié,
de tendresse, un conjoint, un ami, un proche, un confident. Et maintenant, supposions que nous nous traversions notre vie, même si elle n'est pas tous les jours aussi dramatique que cela, avec au fond du cœur ce besoin de voir se poser sur nous un regard d'amitié, un sourire, d'entendre une parole de bienveillance et de tendresse, sans jamais les recevoir. Imaginions que nous traversions la vie avec ce désir creusé en nous de savoir que nous comptons pour quelqu'un, que nous avons de la valeur pour quelqu'un et que cela n'arrive jamais. C'est
l'expérience que fait Jacob. Durant
la nuit, près du gué de Yabboq, de retour vers son pays
après 20 années passées loin de chez lui, Jacob est
en lutte contre et avec Dieu, mystérieusement. Au petit matin,
nous découvrons ce que Jacob a tant désiré, durant
toute sa vie. Jacob
veut être béni. Il veut recevoir la bénédiction
qu'il a recherchée toute sa vie durant. Mais qui était Jacob
?
Mais qu'est-ce que cette bénédiction dont Jacob ressent tant le besoin ? Qu'est ce que cette bénédiction qui vient d'Abraham et qui se transmet de génération en génération dans les familles juives, jusqu'à aujourd'hui ? Cette bénédiction est très importante, elle est sacrée, elle est donnée par le père de la part de Dieu au fils aîné. Elle est inaltérable. Elle contient 5 éléments qui peuvent nous éclairer nous aussi aujourd'hui, en particulier nous qui sommes parents, nous qui avons des enfants, non par le sang mais par le cœur ou la foi, nous qui avons des filleuls, des neveux, des petits-enfants, des personnes dont nous prenons soin. A nous aussi, il incombe de transmettre, de donner cette bénédiction de la part de Dieu. Parce que cette bénédiction est une promesse de Dieu donnée à Abraham pour tous les hommes. 5 éléments qui la constituent : 1.
une parole d'affirmation, d'amour, de reconnaissance. Il est important
d'aimer nos enfants, nos proches, et de le leur dire ! Il est essentiel
de leur donner tout le nécessaire pour vivre, pour grandir, de
leur assurer le bien être, mais aussi de donner de l'amour en parole
et en actes. La bénédiction est une parole d'amour qui permet
à l'autre d'advenir à l'existence.
Si on regarde le ministère de Jésus, on peut facilement
retrouver ces 5 éléments : une parole d'affirmation ou de
guérison, un geste qui l'accompagne (main tendue, toucher…), un
regard posé sur l'autre qui reconnaît la valeur et la richesse
de la personne et sa foi, qui voit au delà des apparences, au-delà
de la réputation, de la fonction ou de la place dans la société,
et une parole d'envoi qui ouvre un avenir inespéré, inattendu
: "Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes…", "lève-toi,
prends ton lit et rentre chez toi…", "va et ne pèche
plus…" * * * * Ce
matin là, au gué du Yabboq, Dieu va bénir Jacob.
·
Avant de bénir Jacob, il lui déboîte la hanche. Peut être qu'aujourd'hui, nous aussi nous avons le sentiment de boiter dans notre vie, de vivre une vie bancale, et déséquilibrée, peut être est-ce invisible aux yeux de ceux qui nous entourent… mais nous, nous le savons. Si nous boitons, c'est peut être un espace que Dieu ouvre dans notre vie pour nous inviter à reconnaître notre besoin de lui, de sa bénédiction. ·
2e chose que Dieu fait : il donne à Jacob un nouveau nom. Aujourd'hui, je voudrais terminer par des éléments très pratiques. Peut être qu'en écoutant l'histoire de Jacob ce matin, vous avez pris conscience de ce besoin, de cette soif de bénédiction qui est en vous, vous n'avez pas été béni étant enfant, vous n'avez pas été valorisé pour vous-même, et reconnu et apprécié dans votre identité. Ce matin, je voudrais vous donner la possibilité de demander à Dieu sa bénédiction sur votre vie, sur vous, une bénédiction toute personnelle. Si vous boitez, si comme Jacob vous avez le sentiment d'avoir gagné votre place au soleil par la ruse, par la tromperie, la combine, la dissimulation et la mystification, si vous avez mystifié les vôtres, vos proches, vos collègues, vos amis, en essayant d'être une personne différente que ce que vous êtes, ce matin la bénédiction de Dieu est pour vous. Elle est donnée, elle ne se mérite pas. Aucun de nous ne la mérite, pas plus Jacob que vous ou moi. Pourtant Dieu ce matin nous invite à la recevoir, comme un cadeau, comme une grâce, comme une surprise un peu mystérieuse. Enfin, si vous voulez donner la bénédiction de Dieu autour de vous, si vous voulez la transmettre à d'autres, à vos enfants, petits-enfants… il vous faut la recevoir d'abord. On ne peut pas donner quelque chose que l'on a pas d'abord reçu. Comme nous ne pouvons pas aimer si nous n'avons pas d'abord été aimés. Cette bénédiction que Jacob a reçue a ouvert devant lui quelque chose de nouveau. Lui qui vivant dans la crainte de l'autre et le désir de la toute puissance, lui qui avait de la vie une vision perpétuellement conflictuelle (avec son frère, son père, son oncle…) voila que la bénédiction et la rencontre avec Dieu ouvrent la possibilité de la réconciliation avec son frère Esaü. Peut être qu'en écoutant l'histoire de Jacob ce matin, vous avez réalisé que vous n'aviez hjamais fait le pas de recevoir la bénédiction de Dieu, la plus forte bénédiction qui existe, la vie nouvelle et le pardon de Dieu en Christ. C'est peut être le moment ce matin pour vous de la recevoir. Pour
toutes ces raisons, aujourd'hui la fin de ce culte sera un peu différente
de ce que nous faisons d'habitude. A la fin du culte, nous aurons un temps
de silence et de musique où tous ceux qui désirent cette
bénédiction pourront rester un moment. Quatre personnes
seront là disponibles pour prier pour vous et avec vous pour cette
bénédiction, très simplement, sans chichi. Mais
je vous encourage à saisir cette occasion, cette invitation à
rencontrer à nouveau ou peut être pour la première
fois
AMEN. |
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PREDICATION
du Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 28 mars 2004 "Besoin de Dieu pour être pardonné..." Jean 8, 1-12 - Luc 15, 11-32 |
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Frères
et sœurs, Nous
avons besoin d'air pour respirer, pour vivre. Tous les personnages de nos deux histoires ont besoin du pardon, un besoin vital, un besoin qui est question de vie ou de mort. Dans
la parabole : La
femme adultère et ses accusateurs : Et dans la parabole, le fils aîné, qui a toujours fait tout ce qu'il pensait être son devoir de fils, lui aussi est placé devant cette réalité : vivre par devoir et seulement par devoir, vivre dans une relation de totale servilité, vivre sans vie à lui et uniquement dans l'ombre de son père, vivre collé aux basques du père, cela n'est pas la vie véritable que le père veut pour ses enfants. Le fils cadet a oublié son père, et lui le fils aîné s'est oublié lui-même. Il n'est pas plus dans la vie que son frère, il a aussi besoin du pardon pour retrouver le chemin vers lui même. Nous ne pouvons pas vivre sans pardon, ce serait comme vivre sans respirer. Ce serait l'asphyxie. · Pourquoi avons-nous besoin du pardon de Dieu ? Parce que le pardon est le seul moyen de rompre la spirale qui nous entraîne et nous enchaîne pour toujours à nos mauvais choix, à nos mauvaises orientations de vie, à nous erreurs d'aiguillage. Cette spirale de malédiction qui nous enferme dans une toile d'araignée. Dans
le 3e tome du Seigneur des Anneaux, les deux petits héros hobbits,
Frodon et Sam, qui ont mission de se débarrasser de l'anneau maléfique
qui plonge le monde dans les ténèbres du mal, rencontrent
un monstre nommé Arachné : une araignée géante
qui défend l'entrée du pays de Mordor, là précisément
où ils doivent se rendre pour détruire l'anneau dans le
feu de la Montagne du Destin. Et Frodon se trouve pris dans la toile monstrueuse,
qui est enduite d'une sorte de glue visqueuse. Et plus il se débat,
plus il s'enferre, plus il s'englue dans la toile. Il faut l'intervention
de son ami Sam armé de son épée "Dard"
qui seule peut trancher les liens de la toile. · De quoi avons-nous besoin d'être pardonné ? D'après les deux passages de l'Evangile de ce matin, il y a deux orientations fondamentales qui font dévier l'être humain : -
vouloir vivre sans loi, auto-nome (du grec auto- soi même et nomos,
la loi). -
L'autre orientation de vie, c'est celle des scribes et des pharisiens
qui encerclent la femme pour l'accuser, la juger, la condamner et l'exécuter.
C'est aussi celle du fils aîné, qui entre dans une rage folle
lorsqu'il entend que son frère est revenu et que son père
l'accueille avec une joyeuse fête. Toute
puissance de vouloir vivre sans loi, dans la transgression, ou toute puissance
de croire que nous sommes la loi : ni l'une ni l'autre, nous dit Jésus.
· Comment recevoir et accueillir le pardon de Dieu ? De nos récits, je retiens deux itinéraires possibles. Il y en a peut être d'autres… Dans
la parabole : Mais il reconnaît aussi la gravité de la transgression qu'il a commise : il n'espère pas retrouver sa position de fils mais seulement celle de serviteur, d'employé. Lui qui a enlevé à son père sa dignité de père en partant au loin, comme si le père était mort, il reconnaît soudain son in-dignité en tant que fils. C'est une prise de conscience douloureuse et fondamentale qui s'opère en lui. En même temps, il retrouve le souvenir de la bonté et de la justice de son père, et c'est ce qui le met en route pour le retour vers la maison du père. La 3e étape est celle de l'accueil du père, qui attend et guette. Comme s'il avait passé tout son temps à attendre et à guetter le retour de son enfant. Le père l'embrasse, le pardon est donné, sans condition, dans la joie. Dans la rencontre de Jésus avec la femme adultère, on peut discerner aussi trois étapes, mais un peu différentes - ce qui veut dire que nos chemins vers le pardon de Dieu sont tous différents ! - : Il
y a le temps du silence. La femme reste silencieuse devant ses accusateurs,
comme s'il n'y avait rien à dire. Elle a été surprise
en flagrant délit, elle ne peut rien pour se défendre contre
le jugement impitoyable de ceux qui l'accusent. Elle se sait coupable.
Elle n'a rien à dire. Et puis il y a justement la parole de Jésus, qui s'adresse tour à tour aux accusateurs et à la femme. Une parole qui est vérité et ouverture vers une résurrection, vers une nouvelle vision d'eux-mêmes, pour les scribes comme pour la femme. Enfin, la parole envoie vers une vie nouvelle ! Va et ne pèche plus ! Pour rassembler les éléments qui nous sont donnés à travers ces deux histoires, on peut retenir ceci : -
Le besoin de prendre le temps de nous retrouver, de nous reconnecter à
nous même, sans nous perdre en introspection. - Le besoin de nous laisser accueillir par Dieu, même si nous sommes conscients de notre indignité : le père court vers son fils et le prend dans ses bras, Jésus rejoint la femme à terre au centre du cercle de ses accusateurs, il s'abaisse et reste à ses cotés jusqu'à ce qu'ils soient tous partis. - Le besoin de nous saisir de ce pardon totalement immérité, infiniment surprenant et presque scandaleux ! "Moi non plus, je ne te condamne pas, dit Jésus. Je te sauve." - Le besoin d'entendre l'appel à repartir dans la vie comme des ressuscités : "va et vis autrement !" * * * * Fils
aîné ou fils cadet, femme adultère, scribe ou pharisien,
Ce matin, la parole et le silence du Christ nous rejoignent pour nous laisser le temps de nous retrouver, pour nous inviter à retrouver ou à trouver dans nos vies le chemin du pardon de Dieu. La mesure du pardon de Dieu, c'est de pardonner sans mesure. Que
ce pardon soit notre force et notre résurrection. |
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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 29 février 2004 "Besoin de Dieu pour résister au mal" Luc 4, 1-11 |
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Frères
et sœurs, Pourquoi
avons-nous besoin de Dieu ? Avons-nous besoin de Dieu ? "Oh,
moi, je n'ai pas besoin de Dieu… " Au
cours des prochains dimanches, nous allons nous pencher ensemble sur 4
besoins profonds, essentiels, vitaux : Aujourd'hui, donc, nous plongeons avec Jésus dans une expérience douloureuse, et lumineuse : Nous avons besoin de Dieu pour résister au mal et tenir bon dans la tentation. Avec
ce récit de l'évangile de Luc, s'ouvre le temps du Carême.
Nous sommes les témoins de cette rencontre intime et terrible entre
Jésus et celui que la Bible appelle le diable, (du grec diabolos
=> le diviseur), le tentateur. En retraversant avec vous ce récit, je voudrais que nous réfléchissions un moment sur la tentation, nos tentations et notre besoin de Dieu pour affronter, pour résister, pour vaincre la tentation. Trois
questions très simples et très basiques pour nous guider
: * * * * * Qu'est ce que la tentation ? Dans ce récit, Luc nous retrace l'expérience que Jésus a faite de la tentation. Dans le texte grec de l'évangile, c'est le même mot qui dit à la fois tentation et épreuve. C'est le même mot aussi que nous retrouvons quand Jésus apprend à prier à ses compagnons : "Ne nous soumets pas à la tentation / épreuve…" Dans
la Bible, tentation et épreuve sont la même réalité.
Il n'y a pas de différence. La tentation est une épreuve,
une mise à l'épreuve, un test. La tentation de Jésus
survient tout de suite après son baptême dans le Jourdain
par Jean Baptiste et la révélation que Jésus reçoit
par la voix qui vient du ciel, et la colombe qui rend visible la présence
de l'Esprit de Dieu qui le remplit. La
tentation de Jésus se déroule en trois temps. 2e temps : la tentation d'accéder immédiatement au pouvoir sur le monde, sur tous les peuples de la terre, pour celui qui est le sauveur du monde. 3e temps : tentation de manifester sa puissance immédiatement au vu et au su de tous, pour celui qui est le témoin et le signe de la puissance de Dieu dans le monde. Le diable ne présente à Jésus rien d'autre que les axes de sa mission : répondre aux besoins du monde, dévoiler la présence de Dieu dans le monde, manifester sa puissance. En quoi est-ce une tentation pour Jésus ? Parce que le diable lui propose le chemin rapide et facile - le chemin qui fait l'économie de l'humanité, de la fragilité et de la vulnérabilité. Le diable lui propose la toute puissance qui écrase et s'impose par la force du miraculeux. Jésus choisit la toute puissance qui passe par l'amour, le don et le service. "Un roi couronné d'épines qui s'incline devant ses sujets…" chante un ancien cantique. La tentation de Jésus c'est ce qui cherche à le détourner de son véritable chemin, à le diviser de sa mission profonde. Et
pour nous alors ? La tentation est inévitable, elle est normale. Jésus l'a affronté, nous l'affrontons aussi. Etre tenté appartient à notre condition humaine. Etre tenté c'est différent de succomber. Etre tenté n'est pas une faiblesse spirituelle, encore moins une faute. La présence de la tentation dans notre vie n'est pas un défaut ou une anomalie de notre foi, qui serait trop faible ou insuffisante. Bien au contraire. C'est d'ailleurs au moment où Jésus vient juste de recevoir son appel en mission qu'il est entraîné au désert et doit affronter la tentation. C'est le signe que Dieu est à l'œuvre, que le Christ est en nous, qu'il nous prépare et nous modèle pour vaincre, pour faire jaillir en nous la joie. C'est
la façon dont nous réagissons devant la tentation qui importe.
La
tentation n'est pas forcément le passage à l'acte. Quel
chemin choisir ? - Croire que nous pouvons y résister par nous même, par nos propres forces. C'est l'illusion de la toute puissance en solo. Ce chemin nous emmène loin de Dieu, à distance de Celui qui est la source de Vie. Nous choisissons souvent ce chemin par peur du jugement, par désir de paraître fort et par crainte de laisser voir nos faiblesses, nos zones d'ombre. Nous pouvons aussi le choisir par une sorte de complaisance qui nous entraîne à minimiser la portée de nos actes, de nos choix, de nos tentations. - Croire que nous ne pouvons rien faire, nous croire totalement abandonnés à nos propres désirs, à nos penchants même les plus sombres et les plus malsain(t)s. C'est un chemin qui nous conduit dans le désespoir et nous entraîne à baisser les bras. Là encore, c'est Jésus seul qui nous trace la voie de la Vie. Les
clés ? La
tentation que Jésus va affronter au désert au début
de son ministère annonce celle qui viendra à la fin de sa
vie, au jardin de Gethsémané. "Eloigne de moi la coupe,
si tu le veux…" et aussi celle de la croix "Descends de là
si tu es le Fils de Dieu…" et "Pourquoi m'as-tu abandonné
?…" Il
y a encore deux autres clés pour nous : "Veillez
et priez !" Frères
et sœurs, Dans
les tentations que nous rencontrons aujourd'hui, tentation de la puissance,
de la connaissance, de la séduction, du découragement et
du désespoir, de la culpabilité qui paralyse, de la réussite
sociale ou professionnelle à tout prix, du repli sur soi et de
l'individualisme qui rend hermétique à la vie des autres...
dans toutes ces tentations et toutes les autres, Jésus marche avec
nous sur le chemin, à ses yeux notre vie est transparente, pas
besoin de faire semblant.
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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 11 avril 2004 - Pâques "Jésus ressuscité vous attend en Galilée…" Marc 16, 1-8, |
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Frères
et sœurs, 1ère
clé : Mais cet amour est si profond et si véritable et si puissant qu'il fait peur. Ca fait peur aux hommes d'être aimés par Dieu. Ca en devient même insupportable… Parce que dans l'amour, il y a une part de lumière, et de vérité. Parce que l'amour invite à se regarder soir même avec lucidité et il invite à voir ce qui ne va pas et à changer, à s'améliorer. L'amour fait grandir, il rend responsable. Soyons clairs : au Golgotha, là où Jésus est mort, ce sont tous les hommes qui crucifient le Christ, les religieux et les païens, les amis et les ennemis, les croyants et les incroyants, les bons et les méchants. Il n'y a aucune distinction. Tous ont rejeté cet amour. Et même les femmes restent au loin pour assister à l'enchaînement des événements. C'est pourquoi, encore aujourd'hui, la croix est un scandale pour les uns et une folie pour les autres. Elle résiste toujours à notre compréhension, à notre intelligence, à nos explications. Parce qu'elle est le signe de notre refus de Dieu, en même temps que de l'acceptation inconditionnelle de Dieu pour nous ! Au matin de Pâques, la tombe est vide. Le crucifié n'est plus là où on l'avait mis. Il s'est échappé de la mort. L'amour de Dieu pour les hommes est plus fort que la folie meurtrière des hommes. Pâques,
ce n'est pas la fête du printemps, ni la fête du chocolat
ou des œufs et autres lièvres. C'est la victoire fulgurante de
l'amour sur la mort. 2e
clé : Jésus attend ses disciples en Galilée… Pâques, c'est un événement dans l'histoire du monde, mais aussi pour nos vies à nous qui essayons tant bien que mal de vivre en disciples. Lorsque nous traversons ces moments où nous nous sentons abandonnés, quand il semble qu'il n'y a plus la moindre parcelle de joie, de bonheur ou d'encouragement, Jésus nous invite à retourner en Galilée - dans notre vie de chaque jour. C'est là que le Christ veut être vivant pour nous. Souvenez vous de Pierre qui est reparti à la pèche, parce qu'il ne savait plus que faire d'autre. Et c'est là que le Crucifié Ressuscité le rencontre à nouveau, lui donne à manger une nouvelle cène et l'envoie à nouveau en mission : être témoin, jusqu'au bout de la terre. Ce
matin, Jésus nous attend en Galilée : Ce matin, le Ressuscité nous attend en Galilée, et nous invite à relire le début de notre histoire avec lui, il nous invite à nous souvenir, à revisiter notre vie pour y (re)découvrir sa présence, son action, sa vie. Il nous invite à un regard vrai qui nous ouvre le chemin de la guérison, de la sortie de la crise. Il nous invite à retrouver les fautes, les blessures qui nous empêchent de vivre et nous immobilisent à jamais dans les ténèbres du Vendredi Saint. Pâques c'est la résurrection de Jésus, et c'est aussi celle des disciples ! 3e
clé : N'ayez pas peur ! Et cette fin, elle est drôlement rassurante pour nous ! Parce que ça veut dire qu'il n'y a pas besoin d'être Superman ou Wonderwoman pour Dieu, pour devenir un disciple de Jésus, pas besoin d'être un super-disciple ou un wonder-chrétien, pas besoin d'être un super paroissien ou une wonder-pasteur ! Marc nous dit que les femmes n'ont rien dit ! Elles ont sûrement eu peur d'annoncer un truc aussi incroyable que la Résurrection ! Et on les comprend ! Et c'est rassurant, c'est réconfortant de nous dire que c'est pourtant elles qui ont été choisies comme premiers témoins, comme premiers évangélistes, premiers prédicateurs de la résurrection ! Et c'est ce Dieu là qui nous invite à le suivre. Le Ressuscité n'appelle pas à le suivre ceux qui ont le plus de compétences, ceux qui ont un CV en béton, ceux qui ont les références les plus élogieuses et les plus prestigieuses… il choisit des hommes et des femmes comme nous, qui ont peur, qui ne savent pas comment faire pour annoncer la nouvelle, qui trébuchent et avancent comme ils peuvent dans le cours de leur vie. Frères
et sœurs, c'est Pâques aujourd'hui.
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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 16 Mai 2004 "Croire en Dieu ou croire Dieu ?" Jean 1, 10-14 ; Marc 9, 22b à 27; Jean 6, 16-21 |
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Frères
et sœurs, 1)
Ce matin, pour venir au culte, qui a pris sa voiture ? (merci de lever
la main !) 2)
Qui regarde les prévisions météo avant de sortir
ou de s'habiller le matin ? 3) Qui croit que la Ferme des Calamités (euh… des célébrités) est une émission qui montre la réalité de la vie des paysans ? Qui croit… qu'Elodie Gossuin va aller jusqu'au bout ? … Danielle Gilbert ? … Pascal Olmeta ? Il existe des choses dans la vie auxquelles nous accordons plus ou moins d'importance, n'est-ce-pas? Une
autre question, plus difficile, plus personnelle, qui nous expose. Cette
fois, je ne vous demande pas de lever la main. Croire
en Dieu : le plus souvent, quand nous utilisons cette expression, nous
voulons dire que nous croyons que Dieu existe, qu'il est là d'une
manière mystérieuse, même si nous ne le percevons
pas. 5)
Dernière question : je ne vous demande pas non plus de lever la
main, mais de garder cette question en tête… elle sera avec la précédente
notre fil conducteur pour notre méditation ce matin. Qu'est
ce que croire ? Qu'est-ce que croire en Dieu ? Une
première remarque introductive : Alors
que veut dire croire dans la Bible ? Qu'est ce que c'est croire ? 1.
Croire, c'est recevoir. + 1.
Croire, c'est recevoir ! Croire,
c'est recevoir une parole qui vient d'au delà de nous, d'un autre.
+ 2.
Croire, c'est demander. "Aie
pitié de nous et viens à notre secours, si tu peux !"
Croire
c'est demander, à l'image du père de cet enfant. Avec nos
demandes bancales, mal formulées, hésitantes et craintives.
C'est vivre cette espérance d'un dialogue qui se noue, un dialogue
simple avec Jésus qui ouvre sur une intimité possible, vivante
et vraie, et qui nous permet de dire à notre tour : + 3.
Croire c'est oser. Dans notre vie, nous pouvons rester sur le quai, inlassablement hésitants, et regarder les autres partir. Nous pouvons rester là à attendre, attendre autre chose, attendre une hypothétique certitude, une illusoire confirmation qui serait une preuve. Nous pouvons rester sur le quai par peur d'affronter l'inconnu, l'incertain de nos vies, de la vie. Alors
croire, c'est oser ! + Ce
matin, nous en sommes tous à des endroits différents dans
notre cheminement intérieur, dans notre recherche de Dieu, mais
à nous tous, la Parole adresse un appel, une question et une invitation.
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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 09 Mai 2004 Aimez !... avec un "z" Jean 13, 31-35 |
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Présentation de Lotta, Ella et Maxime G. Lorsque nous nous sommes rencontrés pour préparer la présentation de vos enfants, nous avons échangé au sujet de l'éducation et de l'importance de laisser et d'ouvrir des espaces de liberté pour les enfants, de les encourager à devenir eux-mêmes plutôt que de les faire entrer dans nos projets, nos rêves, nos critères et nos ambitions. Et ce matin, pour vous, Philippe et Samantha mais aussi pour nous tous, la parole de Jésus vient nous rencontrer et même nous heurter, et nous inviter à réfléchir ensemble sur ce qui est essentiel. Ce qui est essentiel, c'est aussi cela que nous avons envie de transmettre et de partager avec nos enfants - le reste est secondaire. Et cet essentiel dans la bouche de Jésus tien en un mot : un mot si simple que nous avons parfois du mal à le dire, un mot si simple qu'il est facilement et souvent malmené, maltraité, vidé de son sens… Cet
essentiel dans la bouche de Jésus : AIMEZ ! Non pas aimer, mais
aimez ! Aimez
vous les uns les autres comme je vous ai aimés…
Jésus
dit que ce commandement d'amour est un commandement nouveau. Pourtant,
ces deux autres présentations du commandement nous montrent que
ce n'est pas "vraiment" un commandement nouveau : le double
commandement du sommaire de la Loi s'inspire des livres du Deutéronome
et du Lévitique dans la première alliance. Jésus retourne ce commandement en positif, ce qui importe ce n'est pas "ne fais pas…" mais "tout ce que tu veux, fais le…"Jésus nous invite à agir plutôt qu'à nous abstenir, à être inventif et créatif au lieu de craintif. Il ouvre un horizon de possibilités plutôt que de révéler un interdit. Tout
ce que tu veux que les autres fassent pour toi… dit Jésus. 1)
Une bonne chose que nous voulons, que nous cherchons tous : être
aimé. Freddy Mercury, le chanteur du groupe de rock Queen, qui avait des milliers de fans, et une immense fortune, dit ceci, peu de temps avant de mourir en 1991 : "Le monde peut vous appartenir, et vous restez quand même l'homme le plus seul de tous. Cette solitude-là est la plus douloureuse. Le succès a fait de moi une idole mondiale et m'a rapporté des millions, mais ce succès m'a aussi privé de la seule chose dont nous avons tous besoin : une relation d'amour durable." Notre
désir, notre aspiration fondamentale, ce dont nous avons tous besoin
pour vivre, pour grandir et nous épanouir, c'est d'être aimé.
2)
Ce que nous voulons aussi, ce que nous cherchons tous, et cette fois,
c'est plutôt le coté obscur que je dévoile, c'est
être Dieu. Nous voudrions être des dieux… tout découvrir
et tout comprendre, tout maîtriser et tout contrôler, pour
nous-mêmes, dans le monde, pour les autres. Nous voudrions tout
pouvoir et tout savoir. Ce
commandement n'est pas un ordre qui restreint notre liberté, ce
n'est pas "tiens toi bien" et "dis bonjour à la
dame"… La
parole de Jésus pour notre vie, ce n'est pas un itinéraire
pré-balisé, et choisi pour nous, non, c'est beaucoup plus
vaste et cela demande notre consentement, notre implication : La parole
de Jésus pour notre vie, c'est une carte ! Avec une boussole (le
commandement) aimantée sur le pole "aimez !"
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