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PREDICATION
Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 30 mai 2004 "Avec Dieu, chausse les baskets !" Actes 2, 1-13 - Hébreux 12, 1-3 |
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Aujourd'hui,
je voudrais vous raconter une histoire de… chaussures. Débarrassons-nous donc de tout ce qui alourdit notre marche, en particulier du péché qui s'accroche si facilement à (nos baskets) nous, et courons résolument la course qui nous est proposée. Gardons les yeux fixés sur Jésus, dont notre foi dépend du commencement à la fin. Il a accepté de mourir sur la croix, sans tenir compte de la honte attachée à une telle mort, parce qu'il avait en vue la joie qui lui était réservée; et maintenant il siège à la droite du trône de Dieu. Pensez à lui, à la façon dont il a supporté une telle opposition de la part des pécheurs. Et ainsi, vous ne vous laisserez pas abattre, vous ne vous découragerez pas. (Hébreux 12, 1b-3) Devenir un disciple de Jésus Christ, c'est unpeu comme chausser les baskets pour courir une course de fond, un marathon. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'apôtre ! Je
dois vous dire tout d'abord que je ne suis pas particulièrement
qualifiée pour parler de sport et encore moins de marathon. C'est
vrai j'ai des chaussures de jogging, d'ailleurs je les ai mises au pied
ce matin, elles sont belles, n'est ce pas… elles ont l'air neuf, elles
ont 4 ans ! c'est vous dire si je les utilise souvent ! Mais ce matin, pour vous les jeunes qui faites votre confirmation, il y a un appel de Dieu qui vous dit : Je ne te propose pas une vie en pantoufles, bien au chaud à l'abri dans des certitudes trop bien ficelées. Ni une vie en tongs, sur la plage, sous les cocotiers, à attendre que le temps passe ! Viens
avec moi et chausse tes baskets ! Qui
a déjà couru un marathon ? un demi marathon ? une course
de fond ? Courir, c'est dur, c'est fait mal, ça demande des efforts, une détermination, une persévérance. Quand on court une course de fond, il parait qu'au bout d'un certain temps, on entre dans une phase d'euphorie, parce que des glandes sécrètent des substances euphorisantes pour le cerveau, des endorphines. (Personnellement, je dois vous dire que je n'ai jamais atteint ce stade !) Et puis, il y a le mur. Les marathoniens le connaissent bien, les médecins spécialistes du sport l'ont identifié. C'est un moment test dans la course : on a mal aux jambes, on a des crampes, on ne sent plus ses pieds, on a le sentiment de peser des tonnes, d'avoir la poitrine qui explose et le cerveau vide… Et là, il y a une petite voix qui vous dit : abandonne… tu n'y arriveras pas… laisse tomber… Tous les coureurs savent qu'ils vont rencontrer le mur. Et d'après les études médicales sur les marathoniens, ce qui fait la différence, c'est moins l'entraînement et la préparation physique que la décision prise avant le départ de ne pas abandonner, d'aller jusqu'au bout, quoiqu'il arrive, la volonté de ne pas écouter la petite voix. + Cette
course est une image de la vie avec Dieu. Il y a des moments où
ça va tout seul, et même les moments d'euphorie, et puis
il y a les murs. La
parole de Dieu pour nous ce matin : n'abandonne pas, parce que moi je
ne t'abandonnerai pas ! Cet appel à entrer dans la course va avec un avertissement et une promesse. Avertissement : "Débarrassez-vous de tout ce qui vous gêne pour courir…", de tout ce qui s'accroche à vos basques… Cela peut être une réaction d'égoïsme, une impulsion de violence, une mauvaise habitude, comme ceux que nous évoquions tout à l'heure dans le sketch des jeunes… Tout cela qui nous freine, nous pouvons le décharger au pied de la croix. Mais aussi les fardeaux trop lourds que nous n'arrivons plus à porter : honte, culpabilité secrète, perte de confiance en nous même, sentiment qu'il n'y aura pas de 2e chance pour nous. A l'image de ces vieux chewing-gums sur lesquelles nous marchons et qui ne veulent plus se décoller de nos semelles. Dieu nous donne de nouvelles chaussures ! Promesse : Nous ne sommes pas seuls dans la course. Nous ne sommes pas seuls à courir, mais nous sommes "entourés d'une grande foule de témoins", d'une nuée dit la Bible. Pour nous encourager, pour nous entraîner. Il y a ceux qui ont couru la course avant nous, et tous ceux qui la courent avec nous, à nos cotés. + Pour
finir, comment courir ? "Gardez
les yeux fixés sur Jésus…" - le sketch de tout à
l'heure était choisi aussi pour nous recentrer sur l'essentiel,
le début et la fin, l'origine et le but de notre foi et de notre
course : Jésus. Gardez
les yeux fixés sur Jésus : cela ne veut pas dire non plus
fermer les yeux au reste de la vie et au monde autour de nous… mais garder
le cap. Par l'Esprit qui vient habiter en nous, c'est quelque chose de mystérieux parfois, comme au jour de la Pentecôte, cela peut nous entraîner à faire des choses un peu folles ou inattendues "ils sont ivres…" Ce
matin nous nous, la pentecôte c'est une aventure à laquelle
Dieu nous invite. C'est une histoire de chaussures…
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Mais
vous pouvez imaginer que je me trouve parfois dans une situation pitoyable.
Complètement perdu entre les panneaux d'un nouveau meuble à
monter. Je serre les dentes, j'insulte la première personne qui
se trouve là. Et c'est précisément à ce moment
là que je commence à étudier le manuel. Il doit exister
quelque part le constructeur, n'importe où ! Cette
situation typique est effectivement symbolique de beaucoup d'autre. Et
parfois, il s'agit d'une pièce de meuble qui est bien plus personnelle.
Dans
l'histoire, Moïse est dans une situation semblable. Il a essayé
d'assembler les différentes pièces de sa vie. D'un coté
son origine hébraïque, et de l'autre son éducation
égyptienne. A l'origine d'une classe pauvre et opprimée,
il se trouve maintenant de l'autre coté. Il est riche, il a le
pouvoir et pourtant il se sent impuissant pour changer les choses. Il
a essayé de combattre l'injustice. Mais il n'a pas réussi
du tout à cause de sa colère mal maîtrisée.
Une véritable crise d'identité. Son expérience de Pentecôte commence par la rencontre avec l'inconnu. Un étrange spectacle (Bible de Jérusalem), un phénomène étonnant (Bible en français courant). Il y a quelque chose d'inattendu et de déroutant, bien que ce soit quelque chose de bien enraciné dans les éléments de la création. Un buisson brûle, sans être consumé. Cette manifestation anormale est comme un panneau indicateur qui renvoie l'homme au-delà de son univers habituel et le conduit à chercher un autre niveau d'existence. Le mystère est comme une porte d'entrée dans un univers infini. J'avais 13 ans lorsqu'il y a eu une semaine spéciale dans notre paroisse. L'intervenant de cette année-là était un pasteur que mes parents connaissaient. Ils l'ont donc invité à venir loger dans notre maison pour la semaine. Par contre, nous les enfants, on n'était pas heureux. Parce que cela signifiait que mes parents se sentiraient obligés de participer, en famille, à toutes les réunions et aux exposés qu'il donnait. C'était très ennuyeux. La semaine me semblait perdue. En fait, les exposés et les prédications m'ont peu touché et je n'ai plus aucun souvenir. C'était trop ennuyeux. Par contre, j'ai d'autres souvenirs. Ce pasteur dormait juste à coté de ma chambre d'enfant. Il y avait seulement une mince cloison de bois qui nous séparait. En se levant et en se couchant, il avait l'habitude de faire de longues prières. Ce genre de prières m'était absolument inconnu. Il parlait à son Dieu si personnellement, de façon si intime même, avec tellement de ferveur et d'attachement, que je sentais le ciel s'ouvrir. J'étais dans mon lit et je me bouchais les oreilles. J'étais comme paralysé et tout en moi frissonnait. C'est seulement bien des années plus tard que j'ai compris que cette expérience était le commencement de ma conversion. C'est parfois un mystère, l'inconnu ou quelque chose d'inattendu, voire de menaçant qui nous incite à chercher Dieu. Vous avez aussi vos propres expériences. J'ai les miennes. A l'age de 8 ans, notre fils aîné et tombé malade du cancer. En quelques semaines, il est devenu si faible qu'à moins d'un miracle, nous savions qu'il allait mourir. Mais cet enfant avait tellement de confiance, tellement d'assurance en Dieu que c'était presque incroyable. Il nous réconfortait avec une conviction absolue que Dieu ne le quitterait jamais, avec une confiance absolue qu'il était en sécurité dans ses bras. C'était déroutant, choquant et encourageant en même temps. Parfois,
en entrant dans sa chambre d'hôpital, il me semblait entendre chanter
les anges. A sa mort, après seulement un mois de maladie, nous
étions noyés dans la tristesse et la douleur, mais aussi
réconfortés par une présence inconnue et inexprimable.
Par
conséquent, j'ai commencé à quérir et à
implorer Dieu. En fait, pendant quelques mois, j'ai eu une seule prière.
C'était quelque chose comme ça : Le grand Exode a commencé par un arbre brûlant. Par une expérience déroutante et même choquante. Nous
nous trouvons maintenant dans l'attente de la Pentecôte. Mais la
Pentecôte est toujours précédée de l'expérience
douloureuse du Carême et de l'expérience choquante de Pâques
et de l'Ascension. Mais nous êtres humains, nous sommes toujours des créatures étranges et aussi ambivalentes. Dès que nous nous sommes aperçu que l'expérience spirituelle de la Pentecôte, que la présence divine n'est pas mortelle mais au contraire que par sa grâce et par la croix de Jésus-Christ, elle apporte une grande joie et une bénédiction indescriptible, nous voulons les posséder pour toujours. J'ai vu des gens qui après avoir chercher Dieu pendant longtemps, après peut avoir cherché pendant des années, ont été touché par une expérience tellement surprenante, pleine de joue et de lumière qu'ils cherchent à obtenir cette expérience pour toujours. Pour nous, des êtres d'habitude, en manque de sécurité, c'est si facile de penser que l'expérience de la présence de Dieu vient toujours par la même route, voir de la même manière. Nous avons besoin des mêmes chansons, des mêmes endroits "saints". Nous pensons même que l'expérience viendra par les techniques identiques de prière. Vous comprenez ce que je veux dire : nous commençons à contrôler l'Esprit Saint. Nous finissons par une routine religieuse, qui remplace la relation vivante avec Dieu. Et parfois, ce n'est plus Dieu que nous cherchons directement, mais l'expérience pour elle-même. Et c'est peut-être pour cette raison que nous trouvons un autre symbole dans l'histoire biblique : Le
Seigneur l'appela du milieu du buisson : (Ex. 3, 4-5) Le symbole des sandales enlevées Frère
John de Taizé dans son commentaire sur ce passage, écrit
: Cela
me semble précisément le point. J'ai marché assez loin dans le désert du Sinaï et il y a quelque chose qui m'a touché particulièrement. C'est très difficile de marcher dans le désert sans une bonne protection des pieds. Il y a tant d'épines, de rochers, d'aiguilles et il fait si chaud, qu'être sans chaussure (c'est-à-dire pieds nus) nous rend absolument vulnérables. Pas question de fuir, il nous faut rester sur place et affronter la situation. Jésus,
lorsqu'il enseignait ses disciples sur le temps de la Pentecôte
à venir, leur a demandé de rester à Jérusalem.
Jérusalem était pour eux l'endroit où leur maître
avait tant souffert. Pour cette raison, la ville était pour un
endroit peu rassurant et même menaçant. Mais il s'agissait
d'y rester et de prier. Renoncer à tout contrôler et plutôt nous présenter les uns aux autres et devant Dieu vulnérables, c'est-à-dire dépendants de l'aide et de l'amour, coupable ayant besoin de pardon. C'est de la même manière que nous pouvons approfondir les liens du mariage. Le chemin vers un amour plus profond ne commence pas par enlever ses vêtements comme dans les films "d'amour", mais par enlever les chaussures comme Moïse. Actuellement, c'est d'un rapprochement spirituel dont nous avons besoin aussi dans le mariage. Renoncer aussi à avoir des attentes limitées par lesquelles nous limitons Dieu en lui imposant la façon de nous répondre. Quel
est le nom par lequel Dieu se révèle à Moïse
? Je suis qui je suis, je serai qui je serai. Louons notre Seigneur, Amen. *
Bernhard JUNGEN est pasteur de l'Eglise Réformée de Ittigen,
près de Berne, en Suisse.
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PREDICATION
du Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 20 juin 2004 "Dieu Père et Mère" Luc 15, 20 - Genèse 49, 22-26 - Esaïe 66, 12-13 |
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Souvenirs douloureux, amers, blessures de l'âme, blessures de ce que nous sommes au plus profond de nous, ébranlement de notre être en relation avec la chaîne de génération dans laquelle nous essayons de trouver une place, pour exister au monde, tous ces souvenirs restent le plus souvent enfouis, mais ils ressurgissent chaque année, à des dates anniversaires ou symboliques, et lors de ces fameuses fêtes des pères et des mères. Alors ce matin, pour nous tous, je crois qu'il y a une Bonne nouvelle dans la Parole de Dieu : une parole plus grande que nos malheurs et que nos souffrances, une parole plus vaste que nos désirs non réalisés, une parole qui nous emmène vers une rencontre avec Dieu. Avec un Dieu qui veut avoir envers nous l'attitude d'un père et d'une mère. Un Dieu qui a un coté paternel et un coté maternel. "Dieu, elle est noire !" C'était le slogan provocateur de certains milieux chrétiens, il y a quelques 20 années… et je veux dire tout de suite que ce n'est pas mon propos ce matin de vous choquer, ou d'afficher des convictions "féministes" - même si ces convictions ont eu un rôle et une utilité en leur temps. Je
voudrais plutôt essayer d'explorer avec vous dans la Bible ce qui
nous est dit du coté paternel et aussi du coté maternel
de Dieu. Pour le coté paternel, j'ai choisi de vous relire quelques lignes de la fin de la parabole que Jésus raconte, le père et ses deux fils (appelée souvent le Fils prodigue). Pour le coté maternel, j'ai choisi de lire un passage moins connu, dans la fin de la Genèse, la bénédiction que Jacob donne à ses fils juste avant de mourir et plus particulièrement la parole de bénédiction qu'il adresse à son fils Joseph. (lectures) Le
coté paternel de Dieu : Dans
le nouveau testament, et dans les évangiles surtout, par contre,
c'est le mot que Jésus utilise toujours pour s'adresser à
Dieu. Comme
le père de la parabole : Et
le coté maternel ? On retrouve d'ailleurs dans les termes de la bénédiction, au verset suivant la mention de la bénédiction des mamelles et du ventre… On
comprend que cette traduction ait été écartée…
un peu osée quand même ! Pourtant, d'autres indications dans la Bible nous encourage à poursuivre cette enquête sur le coté maternel de Dieu. Souvenez
vous au début du livre de la Genèse : La
Bible nous dit aussi que Dieu ne trouve pas indigne de se comparer à
une mère, qui donne naissance et qui prend soin de ses enfants.
Dans la première alliance, il nous est dit plus de 40 fois que
Dieu a de la compassion pour les hommes et les femmes qu'il a créés,
pour ceux qui souffrent, pour ceux qui font appel à lui dans la
repentance. Et la compassion en hébreu, c'est littéralement
être pris aux entrailles, à la matrice, au ventre. Dieu
est comme une mère qui a porté son enfant, qui lui a donné
le jour et qui prend soin de lui, qui le nourrit et le berce. On retrouve
cela aussi dans la belle promesse que Dieu fait à travers les paroles
du prophète Esaïe : Dans
la bénédiction de Jacob à Joseph on retrouve les
deux cotés de Dieu : J'ai bien conscience que cette interprétation peut sembler un peu provocante, étonnante ou peut-être même carrément dérangeante pour nous. Elle est tout à fait inhabituelle… Mais il me semble qu'elle peut nous dire des choses importantes sur Dieu et sur nous. Réfléchir sur le coté paternel et le coté maternel de Dieu nous conduit à réfléchir à l'image que nous avons de Dieu, à l'expérience que nous avons eu avec nos parents et à l'interaction de l'une sur l'autre. Si nous avons eu des parents aimants et positifs, qui cherchaient à nous encourager et à nous donner de l'autonomie, même si ils n'étaient pas parfaits, alors nous pouvons entrer dans cette double bénédiction promise à Joseph. Si nous avons perdu nos parents, ou un parent, si nous ne les avons pas connu, si nous ne savons pas qui sont nos parents… il y a aussi une parole pour nous dans cette bénédiction et dans la parole de Dieu. Dieu peut venir combler les vides de nos cœurs. J'ai un ami, qui a perdu son père à l'âge de 11 ans. Et il a témoigné que peu à peu, en donnant son cœur à Dieu, il a trouvé en Dieu non pas un remplacement de son père, mais une source d'amour paternel pour lui. Si nous avons eu des parents maladroits dans leur amour pour nous, des parents qui n'ont pas manifesté d'amour pour nous, des parents qui nous ont privé de cet amour, qui nous ont maltraités ou abusés, il y a une source de guérison pour nous aussi dans la parole et la présence de Dieu qui est à la fois paternel et maternel, rempli de compassion, et de tendresse et plein de vérité pour nous. Pour chacun de nous, il y a un chemin de rencontre avec ce Dieu étonnant et infini, avec ce Dieu qui est plénitude dans la relation qu'il veut tisser avec nous, tout à la fois père et mère pour nous, un Dieu qui nous invite à quitter nos souvenirs douloureux, nos blessures enfouies, et nos sentiments de trahison et d'abandon, pour marcher vers la Vie, pas à pas. Amen.
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PREDICATION
du Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 3 octobre 2004 "Qu'est ce que Dieu attend de nous ?" Deutéronome 10, 10 à 11, 2 - Matthieu 25, 14-30 |
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Frères
et sœurs, ce matin, je voudrais vous proposer cette question un peu provocatrice
de Moise… Nous
le faisons dans nos prières par exemple… et c'est légitime.
Psaume 32 : "le Seigneur m'a dit : je vais t'enseigner et te montrer la route à suivre…" Et au psaume 81 : "J'entends une voix nouvelle qui me dit : j'ai enlevé la charge de ton dos, dans le malheur tu as crié et je t'ai sauvé… ouvre ta bouche toute grande et je te nourrirai…" Jésus lui même nous ordonne de le faire : Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira, cherchez et vous trouverez… Pourtant,
il me semble aussi que souvent nous n'attendons rien de Dieu, nous n'osons
rien attendre, pour ne pas être déçu, ou bien parce
que les pasteurs nous ont répété que c'était
de la mauvaise théologie, etc… Mais si nous n'attendons rien de lui, alors, pourquoi croire en lui ? A quoi ça sert ? L'enfant qui n'attend rien de son père se condamne à ne rien recevoir, ou plutôt il s'expose à ne profiter de rien de ce que le père lui donne pourtant. L'enfant qui n'attend rien de son père nie sa paternité, il nie son existence, quand bien même il est là devant lui… C'est important de savoir ce que l'on attend de Dieu et de le lui demander. Mais
aujourd'hui Moïse et Jésus nous invitent à poser la
question dans l'autre sens. Il
est important de se demander ce que nous attendons de Dieu. Mais il y a une 2e étape : c'est de se demander ce que Dieu attend de nous, de moi ? Si nous ne passons pas de la première à la 2e, nous en restons à un stade de bébé dans la foi. Or Dieu nous invite à mûrir, à grandir. Comme le peuple qui doit apprendre à travers la marche au désert à faire confiance, à vivre dans la confiance en Dieu. C'est aussi un temps de préparation à recevoir la loi. Alors,
à ce point-là de notre réflexion, il faut faire une
précision importante. Non ! Il nous faut garder toujours en mémoire, au plus profond de nous les paroles de l'apôtre Paul : Vous êtes sauvés grâce à la bonté de Dieu… cela ne vient pas de vous, c'est Dieu qui vous donne le salut. (Ephésiens 2, 8-9) Mais,
justement, je suis sauvé. Dieu me donne ce salut. C'est un don.
Je pense à deux personnes qui pour moi sont des exemples de cette liberté que nous pouvons trouver dans la grâce seule de Dieu, en Christ. Je pense à Sœur Emmanuelle, lorsqu'elle va sur les plateaux de télé, elle tutoie tout le monde. Dans une incroyable liberté de parole et d'amour qui vient de cette rencontre avec Jésus. Qu'elle soit auprès des grands de ce monde, ou au coté des plus petits qui vivent sur les tas d'ordure du Caire, elle est libre en Christ. Je pense aussi à un ami, François. François est d'origine algérienne, mais aujourd'hui il habite la moitié du temps en Floride et l'autre moitié entre Roubaix et Oran où il est né. Et, il y a qq années, François a eu un très grave accident cardiaque. Il était en réanimation après une opération et son cœur s'est arrêté. A 5 reprises, les médecins ont tenté de faire redémarrer son cœur avec des décharges électriques (défibrillateurs). En vain. François allait mourir. A la 6e tentative, son cœur est reparti. Les médecins lui ont assuré qu'il était un "miraculé". Alors François a compris et a complètement changé sa manière de voir sa vie. Il dit : maintenant, tout ce que je vis, c'est du bonus ! et ce bonus est pour Jésus. Alors si vous voyez François, vous ne pouvez pas le manquer. Il porte une casquette qui dit "Jesus is my boss !" (Jésus est mon boss). Et en général aussi un t-shirt avec une phrase de témoignage. Qu'il soit en Floride, dans les rues ouvrières de Roubaix ou dans un café d'Oran, il porte la même casquette. Et il parle dans la même liberté du Seigneur qui a sauvé sa vie et qui lui donne cette liberté. Cette liberté signifie aussi que il n'y a pas de règle, pas de modèle, aucun assujettissement à aucun ordre, sauf la volonté de Dieu. Seulement cette question où se joue ma liberté, mon existence, où l'une et l'autre s'expriment clairement : qu'est-ce que Dieu attend de moi ? Et cette volonté, ce que Dieu attend de moi : l'amour. L'aimer de tout mon être. C'est ce que dit Moïse. Voilà telle chose que je vis, voilà la situation qui me tourmente, qui me fait mal, voilà ce que j'essaye de fuir, voilà la mort qui s'avance ou l'amour qui s'éloigne, voilà ma situation particulière : là dedans, au beau milieu de tout ça, qu'est-ce qu'il attend de moi ? Que je fasse quoi ? Que je sois comment ? Que lui offrirai-je ? Ou mieux : comment ma liberté s'exprimera-t-elle devant Celui qui me l'a donnée, grâce à qui je suis devenu grand ? Dans la circonstance que je traverse, comment exprimer ma liberté d'enfant de Dieu ? Une
grande question donc : qu'est ce que Dieu attend de nous ? La volonté de Dieu, ce qu'il attend de nous c'est que nous l'aimions de tout notre être, de toute cette liberté qu'il nous donne. A travers la parabole des talents, qui est bien connue, nous retrouvons la même chose dans la bouche de Jésus. Dans cette parabole, Jésus met en lumière au-delà de la dimension "comptable", une vérité très profonde et essentielle. D'un
coté, les deux premiers serviteurs, à qui le maître
donne une certaine somme d'argent : 500 pièces pour l'un, 200 pour
l'autre. De l'autre coté, le 3e serviteur qui prend les 100 pièces d'argent, mais qui ne le reçoit pas comme un don. Pour lui, cet argent reste la propriété du maître. Et le serviteur reste enfermé jusqu'au bout, dans sa mauvaise compréhension, dans sa mauvaise image du maître, dur, intraitable. A
travers cette parabole, Jésus nous révèle ce que
Dieu attend de nous : A travers cette parabole, Jésus nous dit que Dieu attend de nous que nous osions croire à son amour véritable, total et donné. Ce n'est pas un amour contre rétribution, une avance d'amour en petite dose en attendant mieux, ou en attendant des preuves que nous en sommes dignes. Il
y a beaucoup de choses en nous qui peuvent nous faire douter de la réalité
de ce don, de la réalité de cet amour, et qui peuvent bloquer
notre élan : Dans tout cela, il y a en fait une issue : c'est justement cet amour de Dieu, que nous pouvons laisser entrer en nous. Même si nous n'arrivons pas à comprendre, même si nous ne pensons pas que c'est possible de changer. Dire seulement : "Jésus aide-moi, je n'en peux plus". Et l'amour de Dieu viendra en nous et fera son lent et patient travail de guérison des cœurs, des souvenirs, des sentiments, des identités, par l'aide de l'Esprit.
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PREDICATION
du Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 3 octobre 2004 "Qu'est ce que Dieu attend de nous ?" Deutéronome 10, 10 à 11, 2 - Matthieu 25, 14-30 |
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Frères
et sœurs, ce matin, je voudrais vous proposer cette question un peu provocatrice
de Moise… Nous
le faisons dans nos prières par exemple… et c'est légitime.
Psaume 32 : "le Seigneur m'a dit : je vais t'enseigner et te montrer la route à suivre…" Et au psaume 81 : "J'entends une voix nouvelle qui me dit : j'ai enlevé la charge de ton dos, dans le malheur tu as crié et je t'ai sauvé… ouvre ta bouche toute grande et je te nourrirai…" Jésus lui même nous ordonne de le faire : Demandez et vous recevrez, frappez et l'on vous ouvrira, cherchez et vous trouverez… Pourtant,
il me semble aussi que souvent nous n'attendons rien de Dieu, nous n'osons
rien attendre, pour ne pas être déçu, ou bien parce
que les pasteurs nous ont répété que c'était
de la mauvaise théologie, etc… Mais si nous n'attendons rien de lui, alors, pourquoi croire en lui ? A quoi ça sert ? L'enfant qui n'attend rien de son père se condamne à ne rien recevoir, ou plutôt il s'expose à ne profiter de rien de ce que le père lui donne pourtant. L'enfant qui n'attend rien de son père nie sa paternité, il nie son existence, quand bien même il est là devant lui… C'est important de savoir ce que l'on attend de Dieu et de le lui demander. Mais
aujourd'hui Moïse et Jésus nous invitent à poser la
question dans l'autre sens. Il
est important de se demander ce que nous attendons de Dieu. Mais il y a une 2e étape : c'est de se demander ce que Dieu attend de nous, de moi ? Si nous ne passons pas de la première à la 2e, nous en restons à un stade de bébé dans la foi. Or Dieu nous invite à mûrir, à grandir. Comme le peuple qui doit apprendre à travers la marche au désert à faire confiance, à vivre dans la confiance en Dieu. C'est aussi un temps de préparation à recevoir la loi. Alors,
à ce point-là de notre réflexion, il faut faire une
précision importante. Non ! Il nous faut garder toujours en mémoire, au plus profond de nous les paroles de l'apôtre Paul : Vous êtes sauvés grâce à la bonté de Dieu… cela ne vient pas de vous, c'est Dieu qui vous donne le salut. (Ephésiens 2, 8-9) Mais,
justement, je suis sauvé. Dieu me donne ce salut. C'est un don.
Je pense à deux personnes qui pour moi sont des exemples de cette liberté que nous pouvons trouver dans la grâce seule de Dieu, en Christ. Je pense à Sœur Emmanuelle, lorsqu'elle va sur les plateaux de télé, elle tutoie tout le monde. Dans une incroyable liberté de parole et d'amour qui vient de cette rencontre avec Jésus. Qu'elle soit auprès des grands de ce monde, ou au coté des plus petits qui vivent sur les tas d'ordure du Caire, elle est libre en Christ. Je pense aussi à un ami, François. François est d'origine algérienne, mais aujourd'hui il habite la moitié du temps en Floride et l'autre moitié entre Roubaix et Oran où il est né. Et, il y a qq années, François a eu un très grave accident cardiaque. Il était en réanimation après une opération et son cœur s'est arrêté. A 5 reprises, les médecins ont tenté de faire redémarrer son cœur avec des décharges électriques (défibrillateurs). En vain. François allait mourir. A la 6e tentative, son cœur est reparti. Les médecins lui ont assuré qu'il était un "miraculé". Alors François a compris et a complètement changé sa manière de voir sa vie. Il dit : maintenant, tout ce que je vis, c'est du bonus ! et ce bonus est pour Jésus. Alors si vous voyez François, vous ne pouvez pas le manquer. Il porte une casquette qui dit "Jesus is my boss !" (Jésus est mon boss). Et en général aussi un t-shirt avec une phrase de témoignage. Qu'il soit en Floride, dans les rues ouvrières de Roubaix ou dans un café d'Oran, il porte la même casquette. Et il parle dans la même liberté du Seigneur qui a sauvé sa vie et qui lui donne cette liberté. Cette liberté signifie aussi que il n'y a pas de règle, pas de modèle, aucun assujettissement à aucun ordre, sauf la volonté de Dieu. Seulement cette question où se joue ma liberté, mon existence, où l'une et l'autre s'expriment clairement : qu'est-ce que Dieu attend de moi ? Et cette volonté, ce que Dieu attend de moi : l'amour. L'aimer de tout mon être. C'est ce que dit Moïse. Voilà telle chose que je vis, voilà la situation qui me tourmente, qui me fait mal, voilà ce que j'essaye de fuir, voilà la mort qui s'avance ou l'amour qui s'éloigne, voilà ma situation particulière : là dedans, au beau milieu de tout ça, qu'est-ce qu'il attend de moi ? Que je fasse quoi ? Que je sois comment ? Que lui offrirai-je ? Ou mieux : comment ma liberté s'exprimera-t-elle devant Celui qui me l'a donnée, grâce à qui je suis devenu grand ? Dans la circonstance que je traverse, comment exprimer ma liberté d'enfant de Dieu ? Une
grande question donc : qu'est ce que Dieu attend de nous ? La volonté de Dieu, ce qu'il attend de nous c'est que nous l'aimions de tout notre être, de toute cette liberté qu'il nous donne. A travers la parabole des talents, qui est bien connue, nous retrouvons la même chose dans la bouche de Jésus. Dans cette parabole, Jésus met en lumière au-delà de la dimension "comptable", une vérité très profonde et essentielle. D'un
coté, les deux premiers serviteurs, à qui le maître
donne une certaine somme d'argent : 500 pièces pour l'un, 200 pour
l'autre. De l'autre coté, le 3e serviteur qui prend les 100 pièces d'argent, mais qui ne le reçoit pas comme un don. Pour lui, cet argent reste la propriété du maître. Et le serviteur reste enfermé jusqu'au bout, dans sa mauvaise compréhension, dans sa mauvaise image du maître, dur, intraitable. A
travers cette parabole, Jésus nous révèle ce que
Dieu attend de nous : A travers cette parabole, Jésus nous dit que Dieu attend de nous que nous osions croire à son amour véritable, total et donné. Ce n'est pas un amour contre rétribution, une avance d'amour en petite dose en attendant mieux, ou en attendant des preuves que nous en sommes dignes. Il
y a beaucoup de choses en nous qui peuvent nous faire douter de la réalité
de ce don, de la réalité de cet amour, et qui peuvent bloquer
notre élan : Dans tout cela, il y a en fait une issue : c'est justement cet amour de Dieu, que nous pouvons laisser entrer en nous. Même si nous n'arrivons pas à comprendre, même si nous ne pensons pas que c'est possible de changer. Dire seulement : "Jésus aide-moi, je n'en peux plus". Et l'amour de Dieu viendra en nous et fera son lent et patient travail de guérison des cœurs, des souvenirs, des sentiments, des identités, par l'aide de l'Esprit.
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PREDICATION
de Marc LAUVERJAT
Dimanche 13 octobre 2004 LA SEULE CHOSE NECESSAIRE. Psaume 55 / 1 - 6 ; 23 - 24 - Luc 10 / 38 - 42. (Marthe et Marie) |
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(Traduction TOB) Introduction. La
" bonne " c'est la mauvaise. La taiseuse, voilà la bonne. Plutôt que de lire ce récit comme l'opposition entre la servante et la servie ne peut-on pas y voir d'abord un dialogue entre Marthe et Jésus, dialogue qui occupe toute la place, et au lieu d'y entendre un reproche adressé à Marthe entendre dans l'apostrophe du Seigneur " Marthe, Marthe tu t'inquiètes " une parole de compassion, une parole de réconfort ? 1
- 1 - " Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour
bien des choses ". Redoublement de l'affection plutôt que double
reproche. Marthe n'est-elle pas la bien aimée ? Jean, l'autre évangéliste
qui la nomme, nous précise à son propos : " Jésus
aimait Marthe. " Et Maître Eckart qui a pris vivement la défense
de Marthe l'appelait " die liebe Martha ". 1
- 2 - La sollicitude du Seigneur pour Marthe vaut pour l'Eglise, pour
l'Eglise d'aujourd'hui, et pour chacun de nous. Entendons ce " Marthe,
Marthe tu t'inquiètes.. ", comme une litote, une figure de
style paradoxale pour dire: " Ne vous tourmentez plus ". Car
c'est vrai, nos motifs d'inquiétudes et de soucis sont légions.
Ils débordent le cadre strict de nos activités. Ils redoublent.
C'est l'heure des vacillements. 1
- 3 - C'est au plus profond de ces agitations fébriles, au cœur
de ces inquiétudes II - La bonne part est donnée. Deuxième aspect de la bonne nouvelle du texte. La
seule chose nécessaire, vraiment nécessaire est un don,
sachez l'accueillir, dit le texte. Vous le savez, cette péricope
suit la parabole du samaritain et précède l'enseignement
de Jésus sur la prière. 2 - 2 - L'unique nécessaire est là donné. C'est lui le Christ présent, le don de Dieu . Il faut le recevoir, l'accueillir, le rencontrer. C'est Jésus qui prend l'initiative. Il vient dans le village. Il entre dans la maison de Marthe. C'est vrai, Marthe et Marie l'accueillent toutes les deux. Mais souvenez-vous, cette histoire de Marthe et Marie suit immédiatement la parabole du Samaritain. Et à la question du légiste " Qui est mon prochain ? " Jésus a renversé la question " lequel s'est montré le prochain de l'homme ? ". Comme le Samaritain de la parabole, c'est Jésus qui, ici, s'approche, qui se fait le prochain de Marthe et de Marie. Marthe reste dans le schéma du légiste. " Que dois-je faire ? " Elle s'affaire. Que faire pour lui ? Marie, en revanche, entre dans la logique messianique. Qu'est-il pour moi ? Qui est-il pour moi ? Elle accueille Jésus comme son Seigneur. Elle le reconnaît comme son maître, elle le rencontre en esprit et en vérité. Elle s'en reconnaît le disciple. Elle reçoit de lui son identité. Elle s'assied. Elle fait silence pour l'entendre, pour comprendre sa parole. Elle a reconnu en Jésus son plus proche prochain. C'est lui qui lui apporte le pain, le vin, le nécessaire pour la vie. L'essentiel lui a été donné. Elle n'y est pour rien. Sola gratia. Par pure grâce la bonne part lui est donnée. Elle ne peut lui être ôtée. 2 - 3 - Le pain essentiel, le pain de vie dira l'évangéliste Jean, c'est de croire en celui qui l'a envoyé. Au temps où écrit Luc, Jésus s'en est allé. Il s'est fait parole vivante. Reste la Parole. L'unique nécessaire pour le disciple c'est d'entendre cette parole. La seule chose nécessaire, essentielle, c'est l'écoute de la Parole. " Il vaut mieux tout négliger que la Parole, - affirme Luther - Car toute l'écriture montre que la Parole doit seule être honorée parmi les chrétiens ". Et il ajoute, prêchant sur ce texte en 1523, " C'est la meilleur part qui ne lui (Marie) sera jamais ôtée. C'est une parole éternelle, tout le reste doit périr, si grand que soit le travail fait par Marthe. " Si grand que soit le travail fait par Marthe ! Luc ne dévalorise pas Marthe et son travail, mais comme Luther l'a compris, donne la priorité, la primauté à l'écoute de la Parole et refuse toute justification par les œuvres. La seule chose vraiment nécessaire, essentielle, vitale pour nous aujourd'hui c'est l'écoute de la Parole, l'étude des écritures, la compréhension de l'évangile. Nous pouvons alors, respectant cette hiérarchie, sans inquiétude, ni crainte, observer les bouleversements des us et des coutumes et faire du monde profane [ lieu de la praxis,] le lieu de nos engagements, le lieu de nos services, le lieu de l'éthique.
Sans
conclure, - conclut-on jamais la lecture des écritures ? - sans
conclure, on peut cependant ramasser quelques miettes de cette lecture
en guise de viatique. Amen.
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