PREDICATION Pasteur Caroline Schrumpf
Dimanche 30 juillet 2006

Psaume 25

 

Frères et sœurs,

Ce matin, nous sommes un petit nombre dans ce temple, puisque nous sommes en pleine période de vacances scolaires. Nous sommes " dans l'intimité " !
Qu'est ce que l'intimité ?
Et qu'est ce que l'intimité avec Dieu ?
J'ai eu à cœur de partager avec vous ce matin sur ce sujet.

Peut-on connaître une intimité avec Dieu ? Est-ce que nous en avons le droit ? Est ce possible ? Est ce souhaitable ?

Il me semble que c'est cette intimité qui est au cœur de la plupart des psaumes et plus spécialement au cœur de ce psaume 25.

Ce psaume est un psaume du recueil de David. David était un homme qui était poche de Dieu, et qui a vécu cette intimité avec Dieu.
L'intimité n'est pas la perfection devant Dieu. David était loin d'être parfait, sans reproche, il a parfois fait de mauvais choix dans sa vie, des choix contraires à la volonté de Dieu, au plan de Dieu, et à la Loi de Dieu, des choix pour assouvir ses passions.

Malgré cela, il n'a pas lâché la main de Dieu. Il n'a pas quitté cette intimité. Il est resté dans cette relation privilégiée, proche, ce cœur à cœur avec Dieu… même s'il a du aussi porter le poids des conséquences de ses erreurs.

Il y a la déjà un premier élément à retenir pour nous. Dieu n'attend pas que nous soyons parfais pour nous permettre d'entrer dans l'intimité avec lui.
Cette intimité est possible pour nous, tous contradictoires, empêtrés dans nos difficultés et nos erreurs que nous soyons. Elle est possible pour nous, par Jésus qui a définitivement franchi la distance qui nous séparait de Dieu.
L'homme qui prie ce psaume, qui écrit cette prière, dit : " Mon Dieu ".
Il connaît Dieu. Il connaît le caractère de Dieu, sa personnalité : Dieu qui sauve (v. 5), Dieu sui est fidèle (v. 6-7), ce qu'il a fait il le fera, Dieu sur qui nous pouvons compter.

Toutes ces qualités, David les a expérimentées dans sa relation personnelle avec Dieu.
Dans les moments de danger, dans les moments de doute et de découragement, dans les moments d'égarement et dans les moments de repentance.

Pour nous qui lisons ce psaume près de 2500 ans plus tard, nous pouvons voir toutes ces qualités, cette personnalité de Dieu qui se reflète en Jésus. Jésus est l'image visible de Dieu invisible : c'est ce que Paul écrit.
Dire que Jésus est Fils de Dieu, c'est une manière de dire qu'il est de la même nature, de la même étoffe que Dieu. Ils se ressemblent. Jésus ne fait que ce que le Père lui a demandé. Il ne fait rien par lui même.

Est-ce que nous avons le droit d'entrer dans cette intimité avec Dieu ?
C'est ce que Dieu veut le plus au monde. Depuis le début…
Souvenez-vous lorsque Adam et Eve ont désobéi (Genèse 3, 8-10).
Ils se cachent, se tiennent loin de Dieu, hors de son intimité justement, parce qu'ils ont honte.
Alors Dieu appelle : " Où te caches-tu ? " (v.9)
C'est la question que Dieu vient encore nous poser aujourd'hui. Où te caches-tu loin de moi ?
On retrouve cela dans le psaume : " Le Seigneur confie ses secrets à ses fidèles… " (v. 14)
Le Seigneur désire une relation intime, profonde, personnelle avec nous, une relation d'amitié intense où chacun est connu dans sa vérité et aimé par l'autre.

Est-ce que cette intimité avec Dieu est souhaitable ? Une telle relation, une telle intimité peut nous faire peur. Justement par le fait d'être " à nu " devant l'autre.
Surtout si nous avons connu dans nos relations humaines avec nos proches des abus, des manipulations, des blessures dans notre intimité, surtout si nous avons fait l'expérience d'être abusés dans notre intimité : chantage au sentiment, amour mal ajusté, amitié étouffante, ou manipulatrice, par un parent, un frère ou une sœur, un conjoint, un ami proche.

Dans ce domaine nous pouvons être rassurés. L'amour que Dieu nous porte est à juste distance : ni trop proche pour nous étouffer, ni trop distant. Cette intimité avec Dieu est incomparable, elle nous respecte.

Le psalmiste implore Dieu : " délivre moi de ma peur, de mes angoisses ". (v. 16-17) Il n'a pas peur de se montrer faible et fragile devant Dieu, il n'a pas peur du regard de Dieu et d'être vrai.

Dieu nous connaît et nous accepte tels que nous sommes. Il connaît les ennemis qui nous assaillent (v. 2, 19), ces ennemis qui sont plus des ennemis intérieurs, ces corbeaux qui volent au dessus de nos têtes (Luther).

Une dernière remarque : dans le psaume, on voit en regardant attentivement les pronoms et les verbes qu'il y a alternance entre la prière (qui s'adresse à Dieu, en " tu " - v. 4-7) et des phrases plus descriptives (qui parlent de Dieu à la 3e pers du singulier - v. 8-10).
Ce qui veut dire que celui qui prie est parfois distrait dans sa prière, comme nous qui avons parfois tant de difficultés à garder nos pensées centrées sur Dieu, surtout dans la prière silencieuse, et personnelle que nous pouvons vivre chacun.
Il y a aussi une alternance entre le sentiment de confiance en Dieu (v. 5, 7) et les appels à l'aide (v. 16, 20).

A travers ce psaume, nous comprenons que Dieu désire nous rencontrer vraiment, et nous visiter dans notre intime, dans notre vérité profonde, dans notre cœur profond, ce que nous sommes. C'est la aussi qu'il veut nous révéler ce qu'il est, son identité profonde : un Dieu qui sauve, qui aime, qui fortifie.

Amen.

 

 

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PREDICATION Caroline Schrumpf
Dimanche 27 Aout 2006


Josué 24, 1-18

 

Frères et sœurs,

quand nous portons un regard sur notre passé, nous y trouvons de bonnes choses et d'autres moins bonnes. Nous avons des souvenirs heureux et d'autres qui nous font mal. Il nous reste des expériences bénéfiques et des passages à vide, des succès, mais aussi des échecs. Tout cela a fait de nous ce que nous sommes.
Tout ce que nous avons vécu nous a conduit là où nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, avec nos capacités et nos lacunes.

Ce matin, ce récit tiré du livre de Josué nous raconte l'histoire du peuple d'Israël, et cette histoire peut nous renseigner, nous aider à comprendre notre histoire personnelle.

Ce jour la, Josué convoque les délégués des Israélites à Sichem, il passe leur passé en revue. A Sichem se trouvait un sanctuaire qui était devenu le point de ralliement des tribus. On y célébrait une fête annuelle, au cours de laquelle on rappelait l'alliance que Dieu avait conclue avec les Hébreux. En fait, on y célébrait un culte.

Et dans ce culte, Josué rappelle les interventions de Dieu dans l'histoire, ces événements qui ont progressivement façonné Israël.
- D'abord, l'appel d'Abraham.
- Ensuite l'appel de Moïse et la sortie d'Egypte, l'Exode.
- Enfin, l'entrée dans le pays de Canaan, la terre de la promesse, point final de la longue marche à travers le désert.

Tous ces faits sont vus comme autant de signes de l'amour de Dieu et de sa puissance, qui protège, conduit et arme pour la vie.

Ensuite Josué interpelle le peuple : Et maintenant, que voulez vous faire ?
Retourner à vos anciens dieux et choisir ou vous laisser choisir à nouveau par Dieu ?

C'est aussi un peu le déroulement de notre culte.

Ce qui est intéressant aussi dans ce grand discours, c'est de voir comment Josué parle de Dieu et de son action : Dieu ne se définit pas par des concepts abstraits. On ne parle pas de sa omnipotence, de son omniscience ou de son omniprésence.
Non, Josué parle de Dieu à partir de ce qu'il fait.
On regarde ses actes dans le passé, on rappelle ses interventions parce que l'un des principaux traits de caractère de Dieu, selon Israël, c'est sa fidélité. En Israël, c'est-à-dire dans la Bible, la connaissance de Dieu se confond avec le souvenir. Connaître Dieu, c'est le voir à l'œuvre, c'est savoir ce qu'il a fait et ce qu'il continue de faire pour nous.

C'est pour cela que nous aussi, nous lisons aujourd'hui ces récits anciens. C'est pour cela que nous aussi, nous pouvons y trouver la trace de la présence de Dieu, parce que ce qu'il a fait autrefois, il le fait encore, il veut le faire encore aujourd'hui.

Aujourd'hui encore, il vient chercher des hommes et des femmes qui sont dans une terre étrangère à la promesse : comme Abraham qui vivait auprès de son père Terah, en Mésopotamie et qui ne connaissait que les dieux mésopotamiens, dieux de la lune, du fleuve, et de l'orage…

Aujourd'hui encore, Dieu vient tirer les hommes et les femmes de leur situation de servitude, de l'esclavage de leurs péchés, de leurs passions dévorantes, de leurs habitudes destructrices, de leurs manies et de leurs illusions, de leurs ambitions et de leurs prétentions, de leurs désespoirs et de leurs déceptions.

Aujourd'hui encore, Dieu se manifeste et attend notre réponse.
Dans notre existence aussi, nous pouvons percevoir les traces de Dieu.
C'est ainsi que nous pouvons nous aussi connaître Dieu.
Parce qu'il ne nous invite pas à le recevoir comme une doctrine ou un raisonnement philosophique ou théologique - même s'il est bon de faire de la théologie - , mais il nous invite à l'accueillir comme une personne, un ami, un père, un frère.


Quand Josué remémore les exploits du Seigneur pour son peuple, ce n'est pas simplement pour le plaisir de faire de l'histoire, mais pour interpeller le peuple et l'amener à renouveler son engagement.
Josué n'y va pas par 4 chemins : pour lui les choses sont claires !
Soit le peuple a le choix entre les dieux de la Mésopotamie ou ceux d'Egypte, et là il y a l'embarras du choix.
Soit le peuple accepte de répondre à l'appel de l'Eternel, et dans ce cas, il n'y a pas d'autre choix que de le servir de tout son cœur.

C'est avec les dieux païens qu'on choisit. Avec le Dieu d'Israël, on est choisi.
Et puis, Josué renouvelle son engagement fameux : "Moi et ma maison, nous servirons (non pas nous choisissons) le Seigneur" (car c'est lui qui déjà nous a choisis - voir v.3). (Remarque éclairante d'Alphonse Maillot)

Mais voila, la bonne nouvelle pour nous, au cœur de ce récit de Josué, c'est justement que c'est Dieu qui nous choisit. C'est aussi ce que Jésus dira à ses disciples (Jean 6, 70). Notre réponse ne vient qu'après. Ce choix de Dieu n'a rien à voir avec notre mérite, nos qualités, c'est un choix souverain de Dieu, qui nous échappe, dont nous ne pouvons pas connaître la raison.

Et parce que le choix est d'abord celui de Dieu, notre réponse peut hésiter, nous pouvons trébucher, comme nous le voyons dans l'histoire de l'apôtre Pierre.
D'abord, il répond avec enthousiasme à la question de Jésus.
C'était le lendemain du jour où Jésus avait multiplié les pains et nourri cinq mille personnes. Il s'en était suivi une âpre discussion. Jésus expliquait : "Je suis le pain qui fait vivre". Mais certains ne supportaient pas cette idée, ils ne comprenaient pas. Plusieurs se sont éloignés de lui à cette occasion, ils n'ont plus voulu suivre un maître aussi délirant. Alors Jésus pose la question de confiance à ceux qui restent : "Et vous, ne voulez-vous pas partir ?". C'est l'heure de la réponse. Pour les disciples, il fallait se décider.
Et Pierre répond : "Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle". Avec ses compagnons, il avait découvert que la vie est en Christ et que le Christ est la vie. A un autre moment, souvenez-vous, il ira jusqu'à se dire prêt à mourir pour Jésus… Mais ses belles déclarations ne résisteront pas à la réalité de sa peur et de sa lâcheté. Il abandonnera Jésus comme les autres au moment de l'arrestation, il fera semblant de ne pas le connaître, il niera même l'avoir suivi. Pourtant, Jésus reviendra vers lui après la résurrection et lui donnera une chance de se repentir, et de se convertir. Le Seigneur n'avait pas cessé d'être au coté de Pierre, même jusque dans ces moments de doute et de fuite.

Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel, dit Josué.
Et nous, qui voulons-nous servir ?

Avec nous aussi, le Seigneur s'est tenu, jour après jour, depuis le premier jour. Amen !

(d'après L. Honnay)

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